Penser l’empire portugais à l’envers : le rôle des institutions « indigènes » (Inde, Angola et Brésil, XVIe-XVIIIe siècles)

 Mardi  12 juin de 13h à 16h

 

 

 

Catarina Madeira-Santos (EHESS)

Les études sur l’empire portugais se sont intéressées majoritairement aux institutions de domination impériale, exportées de l’Europe vers les territoires coloniaux. Au cours de ce séminaire je propose d’inverser la perspective. Il s’agit de présenter les résultats de mes recherches sur le rôle que les institutions « indigènes » ont joué dans la constitution de cet empire, entre le XVIe et le XVIIIe siècles. Cette démarche, jusqu’ici largement secondarisée par l’historiographique, fut tout d’abord adoptée par les administrateurs impériaux. Ils ont entrepris une vraie ethnographie administrative dans le but d’identifier les modes de gouvernement (surtout fiscal, foncier et militaire) des populations qu’ils prétendaient dominer,  pour après les connecter (en les altérant, nécessairement) avec les institutions impériales.

Dans un premier temps, on adoptera une approche de micro-histoire, focalisée sur trois terrains, Goa (Inde), Angola et Brésil. Dans un second temps, l’analyse sera placée à l’échelle macro de l’empire. Il s’agira d’étudier les circuits/acteurs et les centres bureaucratiques (Goa et Lisbonne) qui ont opéré la traduction du langage du pluralisme juridico-institutionnel, par le bas, dans le langage de l’unité de l’empire, par le haut.

Lieu

EHESS (salle A04_47)
54, boulevard Raspail
75006 Paris