Leblay Anne

Sujet et direction de thèse

Proscrits ibériques à Paris au temps des monarchies constitutionnelles (1814-1848), sous la direction de Bernard Vincent

Soutenue le 24 juin 2013 devant un jury composé de :

  • Caroline Douki, Université Paris 8 ;
  • Jean – Philippe Luis, Université de Clermont Ferrand ;
  • Paul – André Rosental, Sciences Po ;
  • Marie Manuela Tavares Ribeiro, Université de Coimbra.

Mention très honorable avec félicitations à l’unanimité

Résumé

3La présence à Paris des réfugiés politiques espagnols et portugais pendant la Restauration et la monarchie de Juillet est importante. Les émigrations ibériques jouent un rôle dans la création d’un premier statut des réfugiés au début de la monarchie de Juillet : une politique d’accueil qui s’inspire de la gestion des prisonniers de guerre est mise en place pour les Espagnols. À la surveillance individualisée et politique des réfugiés se substitue une politique générale de distribution de subsides et de résidence obligée qui tend vers un système de contrôle global. Mais, dans la continuité de la Restauration et malgré les déclarations officielles, l’assistance, reste partisane. L’organisation portugaise libérale entre 1828 et 1833 s’apparente à celle d’un État en exil qui assiste les réfugiés, développe une propagande active et poursuit le combat militaire. Pour les Espagnols libéraux, sous la Restauration, Paris est une place secondaire. Mais avec l’échec de la stratégie de « pronunciamientos », différents comités directeurs des réfugiés y sont expérimentés en 1830-1831. Malgré leur échec, ils montrent l’existence de nouveaux modèles politiques fondés sur la représentativité et la liberté d’expression. La présence des réfugiés interroge les identités. La proscription contribue à l’émergence d’un « nationalisme d’exil ». Les deux populations émigrent en famille. L’armée constitue un vecteur de solidarité, ainsi que, dans une moindre mesure, l’Église ou la franc-maçonnerie. Contrairement aux Portugais, beaucoup d’Espagnols exercent un emploi. Les émigrés politiques vivent à Paris dans un régime d’exception. La dimension de la ville permet aux réfugiés des deux nationalités de vivre séparés. La durée de l’exil des Espagnols ainsi que le fait que les « étrangers » et les « réfugiés » ne constituent pas encore des catégories clairement définies dans la société française postrévolutionnaire favorisent leur intégration.